Legend Boucles : récit d'une course passionnante

Bernard Munster, pilote devenu avec le temps homme d’affaires, fut un pilier de nos rallyes belges. Champion de Belgique en 1995, vainqueur des Boucles de Spa modernes 4 ans plus tard, il ne s’était jamais imposé dans l’épreuve historique, organisée par Pierre Delettre depuis 11 ans déjà. L’erreur a été réparée.


La victoire ou rien

Vendredi, Munster annonça d'emblée que son seul objectif était la victoire et qu’il en avait assez des premiers accessits. Conscient de ses capacités et des qualités de sa Porsche, il ne tourna pas autour du pot. Son équipière, qui n’est autre que sa femme, confirma l’ambition du couple. Au final, Munster est venu, a vu et a vaincu. Ne commettant pas d’erreur, ou très peu, il a construit sa victoire pas à pas. Sans prendre de risques exagérés, ne cherchant pas à dominer tout le temps et partout mais en plaçant ses banderilles avec exactitude et doigté, il n'a pas pris de risques inconsidérés. Ainsi, jusqu’à la tombée de la nuit le samedi, il était devancé par la Ford Escort de Markko Martin.


Le pilote mystère

Parlons en de ce pilote mystère... Personne ne savait réellement, et lui non plus, comment l’Estonien allait se comporter après avoir arrêté sa carrière, il y a près de 10 ans, à la suite d’un drame qui le hanta pendant de longues saisons. En 2005, après avoir remporté 5 rallyes mondiaux à bord d’une Ford Focus WRC, il émigra chez Peugeot mais ne s’adapta que difficilement à la 307 WRC. Et puis, lors du rallye de Grande-Bretagne, il sortit violemment de la route. Michael Park, son équipier de toujours, décédant dans de très pénibles circonstances. Quelques mois plus tard, toujours marqué par la mort de son ami, Martin annonçait ainsi son retrait de la compétition automobile, estimant qu’une trop grande nervosité s’était emparée de lui.


Une belle bagarre

Le week-end dernier, à Bastogne, Markko Martin est revenu aux affaires mais dans des circonstances très différentes. Il ne visait aucun objectif mais au fil des kilomètres, il se prit au jeu. Copiloté par l’excellent Stéphane Prévot, sa confiance a augmenté avec le temps et le pilote de l’est ne s'est pas fait prier pour prendre la tête. Les excellents Van de Wauwer, Verreydt, Thiry et compagnie comprirent que, malgré une très longue absence, l'ancien pilote WRC n’avait rien perdu de ses qualités intrinsèques. Mais, samedi soir, Munster mit de l’ordre dans la maison et prit l’avantage juste avant d’aller dormir.


Dimanche : Munster encore et toujours

Le dimanche, il n’y avait que 6 tronçons chronométrés, courus sur la terre. La hiérarchie allait-elle être différente de la veille ? Ce ne fut pas vraiment le cas même s’il y eut quelques modifications dans les classements. Munster, lui, à chacun de ses passages, eut deux attitudes : celle de marquer le coup quand c’était possible et celle de contrôler son avantage pour ne pas se faire piéger par un excès d’optimisme. Fin tacticien, il continua ainsi à dominer les Legend pour finalement aller chercher cette victoire qui se refusait à lui depuis tant d'années.


De belles prestations

Avec brio, Markko Martin a de son coté poursuivi son petit bonhomme de chemin pour s'emparer du premier accessit devant un exceptionnel Jean-Pierre Van de Wauwer, pénalisé par un manque de chevaux. 4ème, Yves Matton, le boss de Citroën Racing, associé à Daniel Elena (qui fit toute sa carrière aux côtés de Loeb), s'est rappelé aux bons souvenirs de tous. Il devance ainsi l’Anglais Pearcy, l’étonnant Caprasse, le très véloce Edouard Mondron, l’éternel De Spa, le pistard Kenis et l'Escort pilotée par le Britannique Griffiths. Timmers (carter) avait disparu beaucoup trop tôt mais il ne fut pas le seul à connaître son lot d’ennuis, à l’image de Loix (incendie), Cherain (accident) et Thiry (boîte de vitesses) pour ne citer que les principaux. Renaud Verreydt et Grégoire de Mevius avaient, eux aussi, chuté au classement mais sont finalement parvenus à rallier l’arrivée en 15ème et 17ème positions. Jérôme D’Ambrosio, notre ancien représentant en Fomule 1, aujourd'hui actif en Formule-E, termine lui son premier rallye à la 62ème place avec un équipier tout aussi novice que lui, alors que Jean-Michel Martin finit 16ème avec les honneurs dus à son rang. On évoquera encore les belles prestations de Romain Delhez, Guillaume Glaude et Romuald Thirion et du fils de Jean-Michel, Maxime Martin, notre représentant en DTM (37ème).


Coté Classic...

En catégorie Classic, Deflandre-Lienne s’imposent devant Reuter-Vandevorst. Une Porsche 911 devant une Porsche 914 donc, ce qui n’étonnera personne. Soulignons également la 111ème place de Guy Verhofstadt, notre ex-Premier, dont nous vous parlions il y a quelques jours. Enfin, pour conclure, saluons Pierre Delettre qui peut être fier de son organisation. La gestion des 280 voitures fut en tous points parfaite, malgré un climat à ne pas mettre une roue dehors. Longue vie aux Legend Boucles !


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Publié par
Christian Lahaye
Christian Lahaye use ses fonds de culotte sur les murets des stands depuis 1958. Il avait alors 6 ans. Figure emblématique du sport automobile belge, il en est aussi la mémoire vive.
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